Cette semaine, les députés ont une nouvelle fois rejeté l’obligation d’affichage du Nutri-Score sur les emballages alimentaires et dans les publicités. À une seule voix près. L’année dernière, le même vote s’était joué à 3 voix (120 contre, 117 pour). Cette année, l’écart s’est encore réduit. La tendance est claire : la majorité des députés penche pour la santé publique. Mais une poignée de voix suffit à tout faire basculer. Le Rassemblement national s’est opposé en bloc au Nutri-Score, comme lors des dix scrutins précédents sur le sujet.
Ferrero, Lactalis, Coca-Cola, Mars, Mondelez, Unilever, Kraft, Danone, Kellogg’s, Bjorg : ces géants de l’agroalimentaire refusent d’afficher le Nutri-Score sur leurs produits. Leurs lobbies travaillent d’arrache pied pour contrer une potentielle obligation d’affichage et dépensent des fortunes pour y parvenir. Grâce à ce vote, ils continueront de le faire. Chaque année sans Nutri-Score obligatoire, c’est de l’argent gagné sur le dos de la santé publique.
Le Nutri-Score est un outil scientifique, développé par les équipes de l’Inserm, validé par plus de 150 études publiées dans des revues à comité de lecture. Il permet de classer les aliments de A à E selon leur qualité nutritionnelle globale. Son efficacité pour orienter les choix des consommateurs et réduire les risques de maladies chroniques (obésité, diabète, maladies cardiovasculaires) est documentée. Plus de 90 % des Français déclarent souhaiter connaître la qualité nutritionnelle des aliments qu’ils achètent. À une voix près, des millions de Français ont été privés de leur droit à l’information. À une voix près, la science a été balayée. À une voix près, les lobbies ont gagné encore une année.
Nous, Indecosa-CGT, association de défense des consommateurs, ne lâcherons pas. Le Nutri-Score obligatoire, c’est non négociable.
Pour en savoir plus : https://nutriscore.blog/
Vous pouvez aussi consulter le post de l’épidémiologiste Serge Hercberg sur cette actualité.