Bonsoir
Voilà un projet de privatisation très avancé qui constitue un coup dur pour l’ensemble des consommateurs ( voir article du Monde plus bas)
60 MILLIONS DE CONSOMMATEURS prend en compte les attentes et les sensibilités de toutes les associations de consommateurs.
QUE CHOISIR n’est lié qu’à une seule association de consommateurs : UFC QUE CHOISIR
QUE CHOISIR est la revue mise en avant par la Cour des comptes et le gouvernement pour justifier la privatisation – en fait, la disparition programmée – de 60 MILLIONS DE CONSOMMATEURS
UFC QUE CHOISIR et sa revue QUE CHOISIR s’inscrivent dans une ligne favorable au principe de concurrence libre et non faussée au nom de la défense des consommateurs
Avec d’autres associations et un grand nombre de syndicats, l’association de consommateurs INDECOSA-CGT privilégie une approche revendicative favorable aux consommateurs mais aussi aux usagers des services publics et aux ayant droits de nos systèmes collectifs de protection sociale
Si 60 MILLIONS DE CONSOMMATEURS a toujours pris parti, par exemple, pour la défense de la présence territoriale des hôpitaux, de la Poste ou encore de la SNCF, vous ne trouverez rien de tel dans la revue QUE CHOISIR
C’est pourquoi la privatisation et la disparition programmée de 60 MILLIONS DE CONSOMMATEURS n’a rien d’innocent de la part d’un gouvernement animé par une ligne politique libérale ouvertement assumée.
Quant au coût pour la collectivité nationale du maintien du caractère public de 60 MILLIONS DE CONSOMMATEURS jugé insuffisamment rentable, il est négligeable au regard des services rendus et de la nécessité pour la presse consumériste de ne pas dépendre d’un seul organe de presse ne représentant qu’une seule association de consommateurs.
Il y a là un véritable problème démocratique et une atteinte inadmissible au droit à une information du consommateur qui ne relève pas de la pensée unique.
Bien fraternellement
Loïc DAGUZAN
Président INDECOSA CGT Paris
ARTICLE LE MONDE :
Le gouvernement résolu à privatiser « 60 millions de consommateurs »
« Le maintien d’une activité de presse subventionnée par l’Etat dans un marché concurrentiel et en déclin ne se justifie plus », plaide la Cour des comptes. Les salariés du magazine seront reçus mardi 11 mars à Bercy.
La première privatisation signée François Bayrou pourrait bien concerner 60 millions de consommateurs, un magazine né en 1970 sur une idée d’une autre figure de la droite, Valéry Giscard d’Estaing, alors ministre des finances. Après bien des hésitations, la décision de céder ce titre en difficulté avait été prise par Michel Barnier en novembre. Le gouvernement Bayrou reste sur la même ligne. Les salariés du magazine, très inquiets, seront reçus mardi 11 mars à Bercy par Véronique Louwagie, la ministre chargée du commerce, de l’artisanat, des PME et de l’économie sociale et solidaire. Mais « il n’y a pas de changement », glisse-t-on déjà au ministère de l’économie et des finances.
« Même si 60 millions de consommateurs demeure un magazine reconnu dans son domaine, les perspectives des finances publiques appellent à une priorisation et à une maîtrise sans précédent de la dépense publique », argumente Sarah Lacoche, la directrice générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes à Bercy, dans un courrier envoyé le 28 février à la Cour des comptes. Fini de tergiverser, donc : 60 millions doit être « adossé à un acteur privé ».
Ce n’est pas la cour qui contredira l’exécutif. Dans un rapport tranchant publié mercredi 5 mars, les magistrats appellent à « mettre fin en 2025 à l’activité de presse de l’Institut national de la consommation [INC] », l’établissement public dont l’activité essentielle consiste à éditer le mensuel. « Le maintien d’une activité de presse subventionnée par l’Etat dans un marché concurrentiel et en déclin ne se justifie plus, notamment compte tenu de l’existence d’un second magazine spécialisé sur la consommation », affirme le rapport. Il s’agit de Que choisir, publié par l’association UFC. « Sans aucune perspective sérieuse de profitabilité, cette activité n’a pas vocation à dépendre indéfiniment du soutien financier de l’Etat », ajoute la cour.
« Du carburant pour la tronçonneuse »
En juin 2024, une tout autre option avait pourtant été retenue. Le gouvernement Attal avait alors validé un plan de relance du mensuel. A l’époque, la vente avait été écartée, faute de garantir suffisamment le maintien de la qualité et du positionnement très particulier du magazine : ses enquêtes et ses tests comparatifs sont réalisés par des journalistes, mais aussi par des juristes et des ingénieurs, pour « informer les consommateurs de manière indépendante des intérêts privés », comme le soulignent les élus du personnel.
Le projet de relance constituait un « pari financier risqué », « une forme de fuite en avant », juge à présent la Cour des comptes. Pour les magistrats, l’heure est venue de vendre le magazine – peut-être à son rival Que choisir ? – et de « repenser » les quelques missions restantes de l’INC, notamment de soutien au mouvement consumériste.
« Ce rapport fournit du carburant pour la tronçonneuse, se désole Lionel Maugain, délégué syndical SNJ-CGT. Mais notre pétition contre la privatisation a déjà recueilli 105 000 signatures. Et dans la mesure où la loi demande à l’INC de publier des études pour informer le public, le magazine ne peut être vendu sans passer devant le Parlement. La vente n’est pas faite. »
Denis Cosnard